Que faire de « la nation » ?

Périodiquement, dans la vie politique française, on réinvente l’eau chaude du « sentiment national », du « besoin de transcendance » patriotique et du « souverainisme de gauche », opposée aux froides et indésirables abstractions que seraient la conscience de classe, de race ou de genre, les luttes sociales qui les cristallisent, et les acquis qu’on leur doit. Afin, bien entendu de « ne pas laisser à l’extrême droite » le « monopole » de cette précieuse denrée politique. Malgré quarante ans et cinquante nuances de république, ce coup mille fois tenté et mille fois foiré ne cesse de renaître de ses cendres. Le livre de Sarah Mazouz est donc bienvenu : en passant la notion au crible de la science sociale, elle nous rappelle que la nation est une construction historique, que ses formes sont variables, et que sa fétichisation n’est jamais de bon augure. En une petite heure de lecture, elle nous livre quelques rappels salutaires sur l’histoire structurellent oublieuse des constructions nationales et sur les modes d’inclusion et d’exclusion dans la « nationalité ». L’extrait qui suit propose quelques réflexions sur les usages et mésusages politiques de ce « gros concept ».


Lorsque l’idée d’identité nationale se formalise et émerge entre la fin du dix-huitième siècle et le début du dix-neuvième, elle se fait au nom des idéaux démocratiques. Pourtant, si l’on considère l’histoire, on constate que le nationalisme peut être le fer de lance d’un conservatisme politique. Il peut aboutir du reste à des formes autoritaires, voire totalitaires, de gouvernement.

Ce glissement conservateur tient peut-être au fait qu’il substitue la question de l’identité à celle de l’égalité. Le nationalisme prend bien évidemment des formes différentes selon les contextes politiques et idéologiques où il est mobilisé. On retrouve néanmoins dans toutes ses incarnations l’idée centrale…

La suite est à lire sur: lmsi.net
Auteur: Sarah Mazouz

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