Nous – militants écologistes, sommes courageux. Face aux attaques croissantes, face aux stratégies de communication de ceux qui nous roulent dans la boue, nous nous engageons fermement pour la terre, et résistons de toutes nos forces. Mais s’il y a parfois des victoires, il y a aussi des défaites. Cette réalité inquiète, et pousse certains à éviter la question : sommes-nous en train de perdre ? Pour y répondre, et affirmer que non, nous proposons de mieux appréhender la défaite. Nous – militants, amorcerions ainsi une mutation spirituelle qui, en nous forçant à élargir notre perspective, permettrait d’agir avec un nouvel esprit. Peut-être alors pourrions-nous inverser la tonalité d’une histoire colonisée pour l’instant par le mythe du progrès.
Il perd, celui qui sait ce qu’il va faire s’il gagne.
Il gagne, celui qui sait ce qu’il va faire s’il perd.
Machiavel
1. Une mutation spirituelle
Pour défendre la Terre, les luttes écologiques sont menées dans un fier esprit anticapitaliste. Si certains militants se méfient des implications théoriques et privilégient l’action, ils savent que cette dernière ne va pas sans engagement spirituel : exhausser l’intelligence des forêts et la profondeur de la mer pour se donner le courage de se battre pour elles, s’accrocher ensemble à des slogans comme « résistance et sabotage », « ZAD partout » ou « nous sommes la nature qui se défend contre l’économie ». Cette spiritualité (entendue comme intériorité affective faite de discernements et de valorisations, et qui porte à conséquence) permet de mobiliser les énergies individuelles et collectives. Elle nous donne de la force.
Et chemin faisant, ô joies, nous vivons de belles réussites. Dans l’Ouest par exemple, nous avons pu fêter l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ou celui des forages miniers en Centre-Bretagne. Ce sont assurément des victoires : un projet nocif a été suspendu et nous sommes cause directe de cette issue. Il y en a eu d’autres depuis, il y en aura d’autres ailleurs.
Mais il y a aussi des défaites. Elles sont indéniables quand un projet nocif pour la nature se réalise malgré nos entraves. Par exemple, quand les coupes rases se multiplient en forêt, ou quand l’augmentation des intrants chimiques favorise la prolifération des algues vertes. Evidemment, vu l’entièreté de notre engagement, ces défaites sont douloureuses : nous sommes témoins de désastres écologiques, nous constatons les avancées technologiques…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

