Après la guerre des droits de douane, bienvenue dans la guerre des dettes souveraines. L’administration de Trump suggère de ne pas rembourser ses créanciers, dont la Chine fait partie. Assiste-t-on à la fin de la suprématie du dollar ?
La nouvelle administration Trump expérimente beaucoup en matière économique. Elle a appris que les droits de douane, bien qu’ils augmentent les recettes fiscales, génèrent aussi des problèmes internes. Ils entraînent des représailles commerciales, rendent les biens étrangers plus coûteux, et provoquent ainsi de l’inflation – ou une hausse des prix. Jusqu’ici tout va bien.
Une proposition récente évoque désormais un défaut sélectif sur la dette américaine. Selon le Financial Times citant Bloomberg, Trump a suggéré que
« l’équipe d’Elon Musk chargée d’améliorer l’efficacité gouvernementale aurait trouvé des irrégularités lors de l’examen des données du département du Trésor américain, ce qui pourrait amener les États-Unis à ignorer certains paiements ».
Le terme « ignorer certains paiements » est un euphémisme. En clair, cela signifie envisager un défaut sélectif, autrement dit ne pas rembourser tous leurs créanciers… particuliers comme étatiques.
Ne pas rembourser ses créanciers permet de choisir volontairement de payer certains mais pas d’autres. Trump évoque cela comme moyen de pression géopolitique ou comme une source de revenus pour l’État. Le défaut permet de réduire la dette nationale. Mais c’est une idée risquée. Elle menace la confiance dans le dollar. Qui veut acheter des obligations d’État qui pourrait valoir 0, selon l’humeur du souverain ?
Taxer les investisseurs étrangers
L’économiste Barry Eichengreen a récemment questionné la suprématie du dollar en première page de Financial Times, un événement en soi. Selon Eichengreen, la proposition de Stephen Miran – le principal conseiller économique de…
Auteur: Alain Naef, Assistant Professor, Economics, ESSEC

