Depuis 2022, à la suite d’un appel pour des reprises des savoirs, des chantiers collectifs à visées pédagogiques et autonomes sont organisés un peu partout en France. Il s’agit, en quelque sorte, du pendant « constructif » et à long terme des percées activistes des Soulèvements de la Terre, une invitation à à se réapproprier l’autonomie politique et matérielle. Le mois dernier, nous publiions leur programme pour 2023, cette semaine le collectif lance cette nouvelle proposition pour une autre rentrée sur les campus. S’organiser, en somme, pour que les savoirs et les compétences débordent une institution au mieux déliquescente au pire vendue au management.
Et si les rentrées dans les campus étaient autre chose qu’un rite d’intégration dans un grand moule de repli sur soi ? Et si plutôt que de transmettre les codes de l’élitisme, du patriarcat, du solutionnisme technologique, du surplomb académique, du management prétendument rationnel des mondes, d’autres rentrées viendraient tisser des liens entre campus et mouvements socio-écologiques, transformant la production et le partage des savoirs à la fois de l’intérieur et de l’extérieur des établissements d’Enseignement Supérieur ? Après un printemps riche de luttes, retrouvons-nous !
Quelle culture voulons-nous nourrir ?
L’enseignement supérieur et la recherche vont mal, très mal. Les établissements sont de plus en plus pris dans des logiques managériales et concurrentielles, qui détruisent les milieux vivants et reproduisent les dominations sociales, raciales et patriarcales. S’en suivent la hiérarchisation des formes de savoirs, leur instrumentalisation à des fins économiques, la dépolitisation des espaces de formations, la création de ghettos universitaires spécialisés, hors-sol, l’enfermement des étudiant·es et des personnels dans des logiques individualistes, la séparation des têtes (savoirs), des mains (savoir-faire) et…
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Auteur: dev

