Elles habitent dans des quartiers ou des villages différents. Elles s’appellent Maissan, Fatiha, Marie-Pierre, Aurélie ou Awa. Elles ont un terrible point commun : leur fils, leur frère, leur père ou leur neveu a été tué par la police, dans des circonstances troubles et controversées. Toutes demandent juste une chose, comme le résume Maissan, la tante de Nahel, tué par un tir policier au prétexte d’un « refus d’obtempérer » à Nanterre, le 27 juin 2023 : « Que justice soit faite, c’est tout ce qu’on souhaite », nous dit-elle.
Appel
Trois mois après la mort de Nahel, qui a déclenché une semaine d’émeutes et de révoltes, les questionnements et les débats sur la police demeurent sans réponse : ses missions, la manière de les réaliser et leur utilité (les contrôles d’identité par exemple), les préjugés et le racisme qui la gangrènent, le respect des citoyens et non la suspicion permanente, la formation de plus en plus bâclée des agents.
Maissan, tante de Nahel, mort le 27 juin 2023
Par où commencer ? Aujourd’hui, nous sommes le 27 septembre et cela fait trois mois qu’ils t’ont enlevé la vie lâchement, qu’ils t’ont arraché à ta maman. Trois mois qu’on ne réalise toujours pas que ta petite bouille, ton visage d’ange, on ne le verra plus. Jamais j’aurais pensé rédiger un texte pour toi, mon petit, toi qui étais si jeune, si beau, attachant et serviable. Quand je te voyais, j’avais cette fierté de me dire : « C’est mon sang ! » Tu avais la vie devant toi. Mais on ne te verra jamais te marier, jamais avoir des enfants. Tu avais des rêves, les policiers te les ont enlevés. Je ne leur pardonnerai jamais….
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Auteur: Rédaction

