Que peut être un cortège festif ?

D’anciens participants aux cortèges festifs ayant foulé les pavés de Paris ces dernières années nous ont envoyé cette contribution pour penser comment, depuis où, et dans quels sens se mouvoir ce printemps dans les rues. Amener un peu de couleurs, ne pas être là où l’on est attendus, composer, se retrouver, prendre du recul. En tout cas, ne pas répéter la même chorégraphie.

Faut bien dire qu’on s’ennuie. Depuis l’annonce de la réforme des retraites, il y a eu cinq manifestations, cinq nuances de conformisme. Il ne se passe rien et tout le monde fait tellement ce qu’on attend d’eux que les radicaux sont juste devenus un cortège parmi les autres, le gros ballon en moins. Alors fleurissent un peu partout des appels à se réinventer et à tenter. A ouvrir des brèches pour qu’enfin, il se passe quelque chose à la hauteur de l’époque.

Une évidence commune s’instille : les formes que l’on a empruntées en manifestation ces dernières années paraissent en bout de course. Trop répétitives, trop prévisibles et donc défaites. Pis encore, elles opèrent maintenant en pétrifiant des énergies et envies neuves, en laissant entendre que la révolte se doit d’être là, habillé comme tel et se comportant ainsi. Et nulle part ailleurs. Il n’y a rien de moins rejoignable que le folklore ; rien de plus impuissant non plus. Nous voilà isolés et séparés dans ces grands patapoufs syndicaux, incapables de faire rayonner la colère et d’entrer en résonance avec elle.

Avoir des cortèges qui permettent de se retrouver, d’agglutiner, de se rencontrer. Des cortèges qui sont des espaces d’initiative et d’intelligence commune, des endroits depuis lesquels agir quand ça nous chante. Ce sont des choses qui ont été tentées dans l’hiver 2019-2020 pendant le premier mouvement contre la réforme des retraites au sein d’un cortège festif. Nous nous sommes dit qu’il pouvait sembler pertinent de raconter maintenant cette histoire, parce que les hypothèses d’alors sont à bien des endroits toujours justes, mais aussi pour rappeler qu’il peut suffir de petites équipes pour initier des trucs. Et que beaucoup de petites équipes peuvent faire de grandes choses.

Ce texte – dans la suite d’autres qui se lancent dans l’archéologie camarade de notre présent. Même si ce récit des cortèges festifs de l’hiver 2019-2020 n’a aucune commune mesure avec celui qui a été fait du cortège de tête – aussi bien par sa durée que sa puissance ou sa conséquence – il procède de la même…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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