Les années passent et se ressemblent : des guerres d’agression éclatent, en Ukraine ou dans le Haut-Karabakh, des populations civiles sont prises pour cibles à Gaza ou au Myanmar, des peuples entiers sont menacés dans leur existence, à l’instar des Ouïgours. Le secrétaire général des Nations unies (ONU) s’époumone en vain à rappeler les exigences et grands principes du droit international humanitaire, ou à alerter sur « l’effondrement climatique [qui] a commencé ». Sans effet concret. Nombreux sont ceux qui continuent pourtant de se tourner vers les organisations internationales, espérant un salut, une intervention, un changement.
« Il est très facile de montrer toutes les choses qui ne vont pas et de dire qu’il faudrait une meilleure organisation du monde, mais une fois qu’on a dit cela, on n’a pas beaucoup avancé », tempère Guillaume Devin, professeur émérite de science politique à Sciences Po Paris et spécialiste des organisations internationales. « Il faut d’abord mettre les activités de coopération internationale en perspective : regarder ce qui a pu être fait et les raisons pour lesquelles cela progresse aussi lentement. » Ainsi, comment expliquer que l’ONU ne parvienne pas à faire respecter la résolution 2334 du Conseil de sécurité condamnant la colonisation d’Israël dans les territoires palestiniens occupés ? Pour quelles raisons Israël ou la Russie peuvent-ils bafouer impunément le droit international ?
Ce n’est plus possible de conserver un Conseil de sécurité entre les mains des grandes puissances.
Guillaume Devin
« J’avance trois raisons pour expliquer les difficultés actuelles du multilatéralisme. Tout d’abord, la difficulté politique : jamais, depuis ces dernières années, les grandes puissances n’ont été aussi divisées, paralysant de nouveau le Conseil de sécurité », expose Guillaume Devin. Par…
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Auteur: François Rulier

