Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite, Félicien Faury, Seuil, 240 pages, 21,50 euros
Les raisons du vote pour le Rassemblement national sont l’objet de débats importants dans le monde de la recherche, tant la montée de l’extrême droite semble inexorable en France. Pour renverser la tendance, il apparaît vital de comprendre pourquoi tant d’électeurs – et désormais d’électrices, pourtant longtemps rétives à donner leurs voix aux Le Pen – penchent vers des politiques autoritaires et racistes.
Certains universitaires et responsables politiques se rejoignent sur l’idée d’un électorat divisé en deux, les uns poussés vers le vote RN par des raisons sociales (la précarité, le recul des services publics, le sentiment d’abandon), les autres par des raisons culturelles nourries au racisme. Une division parfois comprise comme géographique, entre un vote nordiste plus social et un vote sudiste plus culturel. Des « fâchés pas fachos », catégorie élaborée par Jean-Luc Mélenchon, aux multiples interprétations des propos de Colombe, 60 ans, devant les caméras de TF1 (dont la vidéo est devenue virale), électrice RN et bénévole aux Restos du Cœur dans les Pyrénées-Orientales, l’électorat du RN trouble les analystes et les partis sur les stratégies à adopter.
L’électorat du RN trouble les analystes et les partis sur les stratégies à adopter.
Fin 2023, Julia Cagé et Thomas Piketty lancent un pavé dans la mare médiatique avec leur ouvrage Une histoire du conflit politique. Les auteurs insistent sur les raisons sociales du vote RN et réfutent qu’il soit principalement un vote « anti-immigrés », en raison de l’absence de corrélation entre présence des immigrés et préférence…
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Auteur: François Rulier

