Une étude menée sur des souris a établi un lien entre la consommation d’acide linoléique, un acide gras présent dans de nombreuses huiles de cuisine et le cancer du sein agressif. Quelles en sont les implications ?
Les scientifiques ont collecté de nombreuses preuves démontrant que notre alimentation et les aliments que nous consommons peuvent influer sur l’évolution de certains cancers. Les recherches ont aussi mis en évidence les effets préventifs ou aggravants de certains régimes alimentaires sur le risque de développer cette pathologie complexe, ou sur sa progression.
Les scientifiques s’intéressent tout particulièrement à la manière dont ces effets se manifestent. Ils tentent notamment de décrypter les mécanismes cellulaires et moléculaires qui sous-tendent les corrélations observées entre comportements et maladie. Mieux comprendre ces processus permettrait en effet d’affiner les recommandations nutritionnelles et de mieux appréhender la cancérogenèse, dans une optique de prévention.
De tels travaux ont récemment mis en évidence chez des souris de laboratoire un lien entre l’acide linoléique – un acide gras présent dans diverses huiles de cuisson – et une forme agressive de cancer du sein. Ces résultats ont relancé le débat sur les choix alimentaires et le risque de développer des cancers. Bien que significatifs, ils doivent cependant être interprétés avec rigueur, afin d’éviter les inquiétudes injustifiées tout en fournissant des repères utiles aux non spécialistes. Voici ce qu’il faut en retenir.
Un acide gras très courant
L’acide linoléique est un acide gras oméga-6 que l’on retrouve en abondance dans les huiles de soja, de tournesol et de maïs. Les chercheurs du Weill Cornell Medicine, à New York, ont montré que cette molécule peut activer directement une voie de signalisation qui favorise la prolifération des cellules cancéreuses dans les cancers du sein dits…
Auteur: Justin Stebbing, Professor of Biomedical Sciences, Anglia Ruskin University

