Ces dernières semaines, nous avons assisté à de grandes insurrections populaires dans différentes parties du monde menées par la génération Z, qui ont réussi à renverser les classes dirigeantes de leurs pays respectifs. Au Pérou s’est déroulée une expérience similaire, puisque la présidente Dina Boluarte a été destituée la nuit du jeudi 9 octobre. Cependant, il serait illusoire de croire que la « Génération Z » a destitué la présidente Dina Boluarte comme cela s’est produit dans d’autres pays. Pour comprendre la conjoncture péruvienne, il faut prendre en compte le rapport de forces, car Boluarte aurait dû quitter la présidence bien plus tôt.
Après la destitution de l’ex-président Pedro Castillo, Boluarte aurait dû convoquer de nouvelles élections présidentielles. Elle a choisi toutefois de se maintenir au pouvoir grâce à une alliance nouée avec les partis politiques qui contrôlaient le Parlement péruvien : Alianza para el Progreso, Fuerza Popular, Renovación Popular, Acción Popular et Perú Libre. Lorsque Boluarte a annoncé qu’elle resterait présidente jusqu’en juillet 2026, les populations des régions de Cusco et Puno, situées dans les Andes du sud péruvien, se sont mobilisés pendant des jours pour exiger la libération de Pedro Castillo et la démission de la présidente. La réponse de l’État a été sans appel : plus de quarante Péruviens ont été assassinés. Cependant, cela n’a provoqué aucun changement dans le régime gouvernemental : Boluarte est restée en fonction, tout comme le Premier ministre. Le Parlement non seulement n’a pas exigé de réponse concernant ces assassinats, mais l’a protégée en classant la plainte déposée contre la présidente.
Bien qu’il y ait eu de nombreuses autres raisons pour virer Boluarte du pouvoir, le Parlement l’a toujours protégée en arguant qu’une nouvelle destitution mettrait en péril la stabilité du pays et de…
Auteur: dev

