« C’est dingue de se dire qu’à 40 ans, en travaillant, on n’est plus en capacité de se loger dans des conditions normales. » Solenn Doassans, consultante en transition écologique, ne s’imaginait pas devoir un jour songer à retourner vivre chez ses parents ni galérer pour trouver un studio où se loger avec sa fille. D’autant qu’elle a une maison : un petit pavillon dans l’est lyonnais, acheté avec le père de son enfant, dont elle rembourse chaque mois le crédit. Mais ils ont divorcé. Pour pouvoir y rester, elle devrait racheter la part de son ex-époux. Il lui manque 70 000 euros, qu’elle n’a pas.
Pour Roberto Miranda et Marie-Claude Alexandre, le problème du logement a surgi au décès du propriétaire de l’appartement qu’ils louent depuis une trentaine d’années, dans le quartier lyonnais de la Part-Dieu. « Notre bail arrive à échéance et l’héritier veut vendre », explique la retraitée. Or, sur un marché très tendu, trouver une autre location relève de la mission impossible pour le couple. À plus de 65 ans, ils bénéficient, certes, du statut de locataire protégé. Sauf exception, un bailleur ne peut leur donner congé sans leur proposer une solution de relogement. « Cela se retourne contre nous : personne ne veut nous louer », dit Roberto, qui enseigne toujours à l’université voisine. Souscrire un prêt pour se porter acquéreur de leur appartement actuel n’est pas possible non plus. « À notre âge, les banques ne prêtent plus, ou sur des durées très courtes », résume Marie-Claude.
Une mutuelle de logements
Comme celle de Solenn, leur situation pourrait bientôt se débloquer grâce à Coopriétaires, une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) inaugurée en janvier, et qui pourrait acheter les logements à leur place. « On veut construire une sorte de mutuelle de logements », explique Yannick Lecompte, urbaniste et cofondateur de Coopriétaires. Le principe :…
Auteur: Marion Perrier

