« Quel désastre ! » : les peuples autochtones vent debout contre la COP30 des lobbies

Belém (Brésil), reportage

10 heures du matin, et 31 °C. Au cas où certains l’auraient oublié, la chaleur était là pour leur rappeler le motif de leur venue. Le 15 novembre, entre 50 000 et 70 000 manifestants arrivés de toute la planète ont défilé dans les rues de Belém, au Brésil, à l’appel de la COP des peuples. Objectif : faire pression sur les négociateurs de la COP30, débutée cinq jours plus tôt.

Dans cette marée humaine, où apparaissaient ici et là des colliers de perles, des arcs, des flèches, des maracas et moult pancartes badigeonnées de punchlines contre les climatosceptiques, s’échappait un chant traditionnel. Celui du peuple autochtone Munduruku de l’État amazonien du Pará.

Elisa, 27 ans, couronne de plumes et maquillage noir sur le visage, en décrit l’essence. « Ce chant est notre cri de lutte, dit-elle dans un portugais rudimentaire. Celui que l’on entonne quand on sort affronter l’ennemi. » Et ici, l’ennemi a un visage : « [Celui] des grandes entreprises, qui endommagent nos terres. Nous n’acceptons pas leurs projets qui tuent notre forêt et nos enfants. »

Promesse non tenue

La veille déjà, Elisa et les Mundurukus avaient pacifiquement bloqué l’entrée de la « zone bleue » — espace de négociations notamment réservé aux diplomates — pour demander la démarcation claire de deux de leurs territoires. Une opération couronnée de succès : les militants autochtones ont obtenu une réunion avec André Correa do Lago, président de la COP30, et Sônia Guajajara, ministre brésilienne des Peuples autochtones.

Sous pression, ces derniers ont déclaré que les démarcations — dont les demandes sont déjà en cours auprès du ministère de la Justice depuis plus de vingt ans pour l’une d’entre elles — devraient être officialisées d’ici à la fin 2025. « C’est une grande conquête pour nous », se réjouit Elisa. Seulement, ce succès n’est…

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Auteur: Raphaël Bernard

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