Saviez-vous que lorsque vous regardez des films, partagez des photos ou même lisez cet article via votre smartphone, vous utilisiez une denrée très chère et convoitée nommée « fréquence » ? Saviez-vous que cette ressource limitée était vendue sous la forme de bouquets lors d’enchères, comme un Picasso ?
Depuis plus de 20 ans, les opérateurs s’arrachent les fréquences de téléphonie mobile au cours d’enchères sanglantes – la dernière grande en date étant les enchères 5G en 2020, et celles pour la 6G devraient avoir lieu vers 2030.
En effet, de la même manière qu’un peintre a besoin de plusieurs couleurs afin de dresser ses plus belles toiles, un opérateur mobile a besoin d’une grande palette de fréquences afin d’offrir une bonne qualité de service.
Ces bandes de fréquences sont majoritairement attribuées sous la forme de licences à travers des enchères, véritable champ de bataille de la capacité, du débit et de la couverture mobile. Au vu des sommes d’argent mises en jeu – Orange a déboursé 854 millions d’euros pour l’enchère France 5G – ainsi que les implications stratégiques, il est fondamental pour un opérateur mobile d’établir une bonne stratégie d’enchérissement.
De nos jours, ces stratégies se fondent essentiellement sur l’expérience humaine des opérateurs. En s’armant des nouvelles méthodes de l’intelligence artificielle, notamment de l’apprentissage par renforcement, certains opérateurs tentent de calculer la stratégie optimale et ainsi remporter la bataille des fréquences.
Ces 20 dernières années, le mécanisme d’enchère privilégié pour la vente de ces fréquences est le simultaneous ascending auction (SAA). Il a par exemple été utilisé pour l’allocation des fréquences 5G en Allemagne, au Portugal, en Italie ou au Royaume-Uni, et on pense qu’il jouera un rôle central dans l’attribution des fréquences 6G.
Ses deux créateurs, Robert Wilson…
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Auteur: Alexandre Pacaud, Doctorant en Apprentissage par Renforcement, Théorie des Jeux, Enchères, Orange Innovation, Télécom Paris – Institut Mines-Télécom

