Quelle place pour l’Italie de Giorgia Meloni au sein de l’UE ?

Alors qu’au cours des mois précédant les élections européennes, le rapprochement entre la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait été très remarqué, le 18 juillet, les députés européens de Fratelli d’Italia (le parti de Giorgia Meloni) ont voté contre la reconduction d’Ursula von der Leyen à son poste.

Cette décision, qui est justifiée par le refus de soutenir la continuité du New Green Deal, a été analysée comme un signe de l’isolement de la responsable de l’exécutif italien, qui ne serait pas en mesure de peser sur le jeu politique européen. Elle indiquerait une inflexion par rapport à la politique que Mme Meloni avait conduite après son élection en 2022, cultivant si ce n’est une proximité, tout au moins un dialogue soutenu avec Ursula von der Leyen.

Qu’en est-il concrètement ?

Depuis l’arrivée au pouvoir, une politique conciliante vis-à-vis de l’UE

La coalition de droite italienne emmenée par Mme Meloni avait, depuis son arrivée aux affaires à l’automne 2022 choisi une voie de modération en matière européenne, s’éloignant des revendications patriotiques du programme présenté aux législatives qui insistait sur la souveraineté nationale, pour pratiquer une approche plus conciliante.

La nomination d’Antonio Tajani comme ministre des Affaires étrangères avait alors représenté un signe fort : le secrétaire national de Forza Italia, qui a exercé de 2017 à 2019 les fonctions de président du Parlement européen après avoir occupé deux postes de commissaire européen, est rompu aux arcanes bruxellois et représente également un pont avec le Parti populaire européen (PPE), dont sa formation est membre. La direction de la politique étrangère italienne avait donc été confiée à un européiste. De fait, cette nomination, et l’action d’Antonio Tajani, doivent pousser à une lecture composite de…

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Auteur: Jean-Pierre Darnis, Professeur des Universités, directeur du master en relations franco-italiennes, Université Côte d’Azur, Chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS, Paris), professeur et membre du CISS de l’université LUISS de Rome, Université Côte d’Azur

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