Les forêts mahoraises ont subi des dégâts considérables suite au passage du cyclone Chido. Les restaurer est aujourd’hui primordial, pour conserver la biodiversité exceptionnelle qu’elles contiennent et pour que les Mahorais puissent continuer à bénéficier du rôle protecteur des forêts lors par exemple d’inondations, de glissements de terrains ou face à l’envasement du lagon. Trois membres du Conseil scientifique du patrimoine naturel de Mayotte explicitent pour The Conversation, ce qu’il faudrait pour cela faire et ne pas faire.
Vu des airs, l’archipel de Mayotte donnait jusqu’à il y a peu l’impression d’une île verte. Mais le passage du cyclone Chido le 14 décembre 2024 a complètement bouleversé le paysage, en faisant passer cette couleur au marron, avec dans certains secteurs la plupart des arbres renversés ou cassés, et complètement défeuillés, mettant le sol à nu et le soumettant à l’érosion pluviale sur les pentes. À l’heure où l’on parle à juste titre de « reconstruire Mayotte », quelle place et quel avenir pour les forêts de ce point chaud mondial de biodiversité ? Car il ne faudrait pas que la reconstruction se fasse au détriment du patrimoine naturel et de la biodiversité exceptionnelle de ce territoire.
D. Saindou, Fourni par l’auteur
Pour répondre à cette question, commençons par regarder à quoi ressemblent les forêts de Mayotte.
Celles-ci représentent 38,6 % de son territoire. Ces forêts jouent un rôle écologique essentiel, en particulier pour la régulation du climat local et pour la limitation des impacts des aléas naturels, grâce à leur rôle dans le cycle de l’eau…
Auteur: Serge Muller, Professeur émérite, chercheur à l’Institut de systématique, évolution, biodiversité (UMR 7205), Muséum national d’histoire naturelle (MNHN)

