Quelle union pour la gauche ? Ce qu'en pensent les militants écologistes et LFI aux universités d'été

Reporterre a assisté aux rassemblements politiques estivaux des Écologistes, dans l’Isère, et de La France insoumise (LFI), dans la Drôme. L’occasion d’interroger les militants et militantes sur ce qu’ils pensent des stratégies de leur parti à huit mois de la présidentielle. Récits croisés.

Chez Les Écologistes : l’union oui, mais laquelle ?

Jeudi 20 août, pour les Journées d’été des Écologistes à Grenoble, l’Isère est placée en vigilance orange aux orages. Marine Tondelier, qui avait déjà renoncé à deux étapes de son Tour de France pour cause d’incendies en Gironde, bouleverse à nouveau son programme. La grande soirée « Pour l’écologie, pour l’union » est repoussée au lendemain matin.

Il y aurait presque de quoi sourire si l’époque n’était pas aussi sérieuse. Pendant que le climat rappelle avec insistance aux écologistes qu’ils avaient raison de tirer la sonnette d’alarme depuis quarante ans, leur famille politique s’interroge sur la meilleure façon de marcher ensemble.

C’est l’histoire d’un pull vert qui s’effiloche. Une maille saute, puis chacun attrape son fil. À la veille des Journées d’été, Yannick Jadot tirait franchement vers la social-démocratie. Dans Libération, il a jugé la rupture avec La France insoumise « consommée » et appelé à « refonder la gauche autour de la social-écologie ». Si son parti ralliait Jean-Luc Mélenchon, a-t-il prévenu, il partirait « illico ». Sandrine Rousseau tire au contraire vers LFI. D’autres veulent préserver coûte que coûte une candidature écologiste autonome. D’autres encore estiment qu’avec le Rassemblement national aux portes du pouvoir, le luxe de choisir ses partenaires n’existe plus.

Les écologistes vivent un triple conflit de loyauté : envers leur parti, qu’ils refusent de voir réduit au rôle de force d’appoint ; envers une gauche qui ne gagnera jamais éclatée ; envers…

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Auteur: Laure Noualhat