Prévoir ce que sera le bon manager du futur est difficile, voire impossible. Pourtant, il faut bien les former aujourd’hui. Une approche originale a été mise en œuvre à l’université de Montpellier.
« On ne peut pas dire quel manager sera le jeune que nous recrutons aujourd’hui. Il n’est ni dans la verticalité « top-down », ni dans l’horizontalité de l’entreprise transversale. Il est dans la diagonale… et la pente de la diagonale reste à inventer ». Françoise, dirigeante de PME expérimentée constate le virage engagé par les jeunes générations en demande de nouvelles formes relationnelles : collaborateurs, exécutants, comme managers.
Pas vraiment en opposition, mais tout de même en désaccord, la nouvelle génération de recrutés aspire à d’autres systèmes décisionnels et relationnels. Quel manager portera les changements, quelles compétences pourra-t-il mobiliser, tenaillé entre numérisation, IA, nomadisme professionnel, hédonisme, besoin d’appartenance ou encore désengagement ? Pour réfléchir aux enjeux liés à cette question, les équipes de Montpellier Management – l’école universitaire de management – ont créé un THINK Lab, sorte de laboratoire d’idées où se rencontrent dirigeants, cadres, alumni et enseignants-chercheurs pour croiser leurs regards et imaginer ensemble qui sera le manager de demain. Quelles idées saillantes ressortent de ces échanges ?
L’ambiguë demande de sens au travail
Premier constat, la relation au travail évolue, influencée par les aspirations des jeunes générations mais aussi par une mutation sociétale plus large. Comme le constate Christophe, expert-comptable, « C’est un changement général, sur le rapport au travail, les jeunes aussi, peut-être plus mais c’est tout le monde. » La transformation numérique bouleverse nos schèmes cognitifs, notre relation au savoir et au temps tandis que les exigences liées à la transition…
Auteur: Marion Polge, Maitre de conférences HDR en sciences de gestion, Université de Montpellier

