Proposer un progrès social crédible exige de tenir compte des contraintes actuelles : faiblesse de la productivité, nécessité de stabiliser la dette publique, concurrence fiscale internationale. Cela suppose de hiérarchiser les priorités en privilégiant la croissance par l’emploi et en réorientant les arbitrages budgétaires vers les services publics.
Les responsables politiques doivent donner des perspectives de progrès social pour répondre aux attentes des citoyens. Pour proposer des orientations crédibles, ces perspectives doivent tenir compte des contraintes économiques auxquelles la France fait actuellement face : la faiblesse des gains de productivité, la nécessité de stabiliser la dette publique et la concurrence fiscale internationale. Cela suppose de renoncer, au moins temporairement, à certains objectifs et d’accepter de hiérarchiser les priorités. À l’horizon de cinq années, les orientations à privilégier sont la croissance économique et la priorisation des services publics dans les arbitrages budgétaires.
En attendant la décroissance
La France a besoin de croissance économique. La décroissance, entendue comme une diminution de la production des biens et services et des revenus distribués, peut être une forme de progrès social, certainement la plus efficace pour la préservation de l’environnement. Accompagnée par un changement culturel sur la place de la consommation dans nos vies, elle pourrait se faire sans dégradation de la qualité de vie. Toutefois, la société ne semble pas prête aujourd’hui à suivre ce chemin.
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Auteur: Fabien Tripier, Professeur d’économie, Université Paris Dauphine – PSL
