Les images des affrontements massifs qui ont eu lieu dans les rues de Turin le 31 janvier dernier ont fait le tour du monde. Des nuages de lacrymogène, un véhicule blindé de gendarmerie en feu, un policier rattrapé par la foule, 50 000 manifestants pour une nuit d’émeute. Des participants ont souhaité revenir sur ces évènements et rappeler quelques banalités de base afin de « s’immuniser contre l’épidémie de stupidité et de cynisme qui semble avoir contaminé nos contemporains. »
Le 31 janvier, une manifestation nationale massive a traversé Turin pour défendre le squat historique Askatasuna, expulsé en décembre malgré un processus de régularisation en cours avec la municipalité. Cette expulsion a été largement perçue comme une vengeance politique de l’État, certains membres du centre social étant accusés pour des actions menées contre le quotidien La Stampa dans ce qui a été le mouvement ’Blocchiamo tutto’ (Bloquons tout) contre le génocide en Palestine, le plus massif d’Europe depuis le 7 octobre 2023. Dans la foulée, le gouvernement Meloni a annoncé une offensive nationale contre les centres sociaux, promettant de les expulser un à un.
Mais, à rebours des mobilisations devenues routinières, le 31 janvier n’a pas été une simple réponse défensive, comme c’est le cas en Italie depuis trop d’années.Le cortège a vu affluer des milliers de jeunes venus de tout le pays, trop jeunes pour avoir connu Askatasuna ou l’expérience des centres sociaux autrement que sous leur forme ossifiée, institutionnalisée et inoffensive. Beaucoup s’étaient visiblement politisés- et avaient parfois fait leur première expérience de la violence politique — dans le mouvement contre le génocide en Palestine. Avant la fin de la manifestation, un nombre important de manifestants a décidé de dévier du parcours officiel pour aller vers les locaux de l’Askatasuna, et un millier d’entre eux ont…
Auteur: dev

