Quelques notes sur la séquence en cours

1. Sous le ciel, l’ordre déborde de cruauté. Il est temps de se lever. En nombre.

2. Politiser la plainte. Organiser la colère. Révolutionner la joie.

3. À chaque révolution, il y a eu des pillages. Le problème n’est pas de savoir s’il y a des pillages, mais s’il y a, sinon révolution, au moins le désir, l’envie, la passion, d’une révolution. C’est-à-dire quelque chose de l’ordre d’une dynamique émotive qui dépasse l’émeute évanescente et bascule vers une temporalité révolutionnaire. Le peuple est parfois acculé à une violence dont il ne voulait pas, mais qu’il assume.

4. Entendons par émeute, un soulèvement populaire à parti d’un élan émotionnel partagé : colère, sentiment d’injustice, plainte… Pour l’historienne Sophie Wahnich, les émotions ne sont pas des instincts anhistoriques mais des variables historiques. C’est dans ce sens que l’on peut parler de dynamique émotive révolutionnaire. Bien sûr, cette dynamique ne sera pas la même à chaque fois qu’il y a révolution, puisqu’il n’y a pas Une mais des révolutions. Par-delà ou en-deça de la radicalisation ou non des discours, de la dynamique narrative des événements, il y a cet élément émotionnel, irréductible aux discours, mais très lié à la manière dont les gens agissent ou non dans une séquence. Lors de la journée de 24 octobre, plusieurs manifestations ont été interdites partout en France. Sur une pancarte, on pouvait lire : « Je suis en manifestation parce que j’ai peur d’aller en manifestation ».

5. Selon une très vieille grille de lecture des moments d’agitation populaire, les êtres humains en foule perdent leur humanité. Les instincts s’emparent d’eux ils agissent comme des bêtes. – Ah comme c’est déplorable !Comme c’est dommage ! On comprend bien sûr la colère mais… C’est alors le rôle des bergers, des chiens de garde, des éclaireurs de consciences, de ramener tout ce beau…

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Auteur: dev