Quelques réflexions à l'adresse du milieu de la musique indépendante, et des autres

La vague #metoo poursuit son cours. Et pas un milieu, évidemment, n’échappera à cette mise à l’amende inédite. Nous avons reçu cette adresse au milieu de la musique indépendante, il y est question de silence, de complicité, de parole et de salut. Si nous ne sommes pas convaincus par l’injonction finale à l’humanisme et à la lecture, — ce qu’il nous manque ce n’est pas d’accumuler du savoir mais de produire et déceler les bifurcations intimes et collectives capables de défaire l’éternel retour des violences sexuelles —, la finesse et la justesse du propos lui donne une force et une urgence évidentes.

Quelques réflexions à l’adresse du milieu de la musique indépendante, et des autres – aux individus qui composent ces milieux,

à leur intimité.

Faisant suite au récit d’un énième épisode de violences sexuelles et sexistes commises par un acteur de ce milieu, que nous résumerons ainsi :

Un homme, inséré, entouré, connu et reconnu pour son travail, est accusé d’avoir violé une femme sous la menace d’une arme.

L’acte lui-même étant moins le sujet que la manière dont il s’inscrit, cumulativement, parmi un nombre considérable d’autres actes de même nature. Le caractère singulièrement sordide de celui-ci n’aura été que le catalyseur de notre écriture, dont la nécessité trouvait encore et jusqu’ici prétexte à se différer. Nous espérons que sa restitution engagera la lecture dans une nécessité symétrique, mais nous ne nous attarderons pas sur cet épisode en particulier.

Car un homme, inséré, entouré, tabasse sa compagne, répétitivement.

Et parce qu’un homme, inséré, entouré, viole à plusieurs reprises une amie alors qu’elle dort sous anti-douleurs.

Et qu’un homme, encore, inséré, entouré, méprise, harcèle et violente les femmes de son entourage – ad lib.

Nous savons qu’en contextualisant ainsi notre propos, nous passons outre certaines consignes implicites qui s’édictent par défaut quand les scandales menacent. Garder le silence est sans doute la première d’entre elles.

Avant toute chose donc, nous rappelons que le silence n’empêche pas le scandale : le silence est le moyen même des dynamiques scandaleuses. Le silence génère le scandale, comme d’obstruer une source génère fuites, infiltrations et explosions. Que l’injonction à se taire, quoi qu’elle tende à protéger, est contre-productive : aucun silence n’a jamais profité à la vérité. Ni aux réputations. Ni à la paix de qui que soit. Les omertas ne…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com