Quentin Deranque : ce que cette mort oblige la gauche à regarder en face

La France traverse l’une de ces heures troubles où l’émotion collective menace d’écraser la lucidité politique. La mort d’un militant est un drame, fût-il d’extrême droite. Toute mort violente l’est. Mais le drame devient politique lorsque sa lecture est confisquée, instrumentalisée, puis retournée contre celles et ceux qui combattent le fascisme depuis toujours.

Dans cette affaire qualifiée par le procureur d’« homicide volontaire aggravé », les mots sont lourds et appellent rigueur et retenue. Rigueur à laquelle ont renoncé, dans une version trumpienne du commentaire politique qui remet en cause l’État de droit, les ministres de l’Intérieur et de la Justice. Pourtant, la justice devra passer. Sans exception. Sans slogan. Sans raccourci.

À gauche, on ne défend pas des personnes contre les principes : on défend des principes, même quand c’est difficile.

Le drame met désormais en cause un collaborateur parlementaire, interpellé dans le cadre de l’enquête. Les circonstances exactes restent à établir, mais l’incident pose immédiatement des questions sur la responsabilité individuelle et éthique de celles et ceux qui occupent des fonctions publiques. La justice doit être libre de travailler, sans pression politique ni récupération médiatique. Entrer dans l’institution, devenir collaborateur parlementaire, c’est accepter de quitter une part de la rue pour endosser une responsabilité publique. Cela n’ôte rien aux convictions, mais impose un discernement accru.


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La responsabilité individuelle s’étend tragiquement jusqu’à l’employeur politique. Dans ce cas, Raphaël…

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Auteur: Pierre Jacquemain

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