La querelle entre les rappeurs Drake et Kendrick Lamar a récemment atteint son paroxysme, les deux s’attaquant mutuellement dans des chansons contenant des accusations sévères. Ce genre d’affrontement entre rappeurs n’est pas nouveau, mais la gravité des insultes échangées dans cette querelle a galvanisé leurs admirateurs respectifs et attiré l’attention du grand public.
Dans ses paroles, Lamar affirme que Drake a une fille de 11 ans qu’il a abandonnée et le traite de « pédophile certifié ». Pour sa part, Drake a traité Lamar de « pipsqueak » et l’a accusé d’avoir abusé de sa fiancée.
Ces salves de diss tracks soulèvent des questions intéressantes sur la diffamation dans les paroles de musique. Si Drake ou Lamar décidait de poursuivre l’autre pour diffamation, que dirait la loi ?
La diffamation comprend à la fois la calomnie (attaques verbales) et la diffamation (attaques écrites). Les paroles de musique et les enregistrements audio peuvent être considérés comme de la diffamation. Les normes en matière de diffamation diffèrent que vous soyez au Canada ou aux États-Unis, de sorte que si l’un ou l’autre décide d’intenter un procès pour diffamation, l’endroit où le procès est intenté ferait une différence.
Liberté d’expression
Pour qu’il y ait diffamation, il faut qu’une déclaration désobligeante soit faite, qu’elle se réfère clairement à une personne et qu’elle soit faite à un tiers. Dans cette querelle, il n’y a aucun doute sur l’identité de la personne accusée et les accusations désobligeantes sont communiquées à des millions de personnes ; techniquement, ces paroles ressemblent donc à de la diffamation.
Néanmoins, il existe un certain nombre de moyens afin de se défendre advenant des accusations de diffamation. Une première réponse consisterait à invoquer une défense fondée sur la liberté d’expression au Canada ou sur les droits du premier…
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Auteur: Lisa Macklem, PhD Candidate, Law, Western University

