A partir d’un point de vue marxiste, le sociologue Gabriel Winant explique comment l’analyse des classes sociales doit évoluer, notamment pour comprendre les enjeux liés à l’économie de services et du soin. Il croise ainsi les questionnements du féminisme matérialiste et appelle à une constante revision des approches des classes.
Gabriel Winant est un historien des structures sociales de l’inégalité dans le capitalisme étatsunien moderne. Professeur associé d’histoire à l’Université de Chicago, il est l’auteur de The Next Shift : The Fall of Manufacturing and the Rise of Health Care in Rust Belt America (La chute de l’industrie manufacturière et la montée des soins de santé dans l’Amérique de la ceinture de rouille). Il a travaillé ensuite sur la relation entre plusieurs phénomènes historiques clés du développement capitaliste au tournant du vingtième siècle, pour un projet intitulé « Our Weary Years : How the Working Class Survived Industrial America ». Il écrit également fréquemment pour des publications telles que The Nation, Dissent, et n+1.
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Amelia Horgan – Comment devrions-nous comprendre la notion de classe ?
Gabriel Winant – Je suis très heureux de parler de ce sujet parce que je pense que, malgré notre recours au concept de classe dans la gauche socialiste, nous n’entendons pas toujours la même chose par ce terme. Je pense que la meilleure façon de comprendre la notion de classe est de la considérer comme un processus.
Harry Braverman (1920- 1976) explique que bien que nous ayons tendance à recourir à un raccourci pour décrire la classe travailleuse, en réalité, lorsque l’on examine cela de près, on se rend compte qu’il s’agit de quelque chose de plus fluide que solide – la transformation constante à la fois des forces et des rapports de production. Les pressions exercées par la reproduction sociale sur la classe travailleuse remodèlent et…
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