D’où vient l’expression « primauté du pape » ?
On parle aussi de « primauté romaine », ou de « primauté pétrinienne ». Elle désigne la prééminence du successeur de l’Apôtre Pierre. En effet, dans les Évangiles et les Actes des Apôtres, Simon, dénommé Pierre par Jésus, occupe une place spéciale parmi les douze Apôtres. Quand il énumère leur nom, l’évangéliste Marc indique : « Le premier, Simon, nommé Pierre » (Mc 10, 2). C’est à lui seul que Jésus déclare : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. » (Mt 16, 18). Réhabilité par le Christ après sa trahison, il reçoit de celui-ci la mission d’« affermir » ses frères.
C’est à Rome qu’il subit le martyre, tout comme un autre pilier de l’Église, Paul de Tarse. La capitale devient ainsi le seul siège apostolique d’Occident, aux côtés de Jérusalem, Antioche, Alexandrie et Constantinople. Dès les premiers siècles du christianisme, l’évêque de Rome assume un ministère spécifique au service de l’unité de la foi et de la communion entre tous les chrétiens. En période de crise (notamment durant les multiples controverses théologiques du IIIe et au cours du Ve siècle), on se tourne vers ce médiateur et gardien de la tradition.
Quelles ont été les évolutions les plus marquantes ?
Au XIe siècle, avec la réforme menée par le pape Grégoire VII (1073-1085), Rome devient non seulement le centre de l’union des Églises, mais aussi sa source. C’est à partir d’elle que s’uniformise la foi, mais aussi la liturgie et le droit ecclésiastique, explique le jésuite allemand Klaus Schatz, spécialiste de l’histoire de l’Église (1).
On passe ainsi progressivement d’une logique ascendante du pouvoir à une logique descendante, complète Thibault Joubert, maître de conférences à la faculté de théologie de l’université de Strasbourg….
La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur: Gilles Donada

