L’innovation apparaît, au regard des décideurs publics, comme le moteur essentiel de la croissance économique des pays développés et est souvent considérée comme « l’antidote aux crises ». L’État français continue à encourager les nouveautés, principalement technologiques et à destination du marché, en soutenant le développement de grands projets. Cela passe par exemple par le Plan France 2030, les collaborations sciences (dures) – industrie ou encore des soutiens à l’entrepreneuriat.
Le progrès technique pourrait-il avoir réponse à tout ? Il reste possible d’en douter devant la multiplication des problématiques économique, inégalités, fractures territoriales, et la montée des défis sociétaux, démocratiques et environnementaux. Dans ce contexte, on observe une évolution des formes d’innovation et plus particulièrement le développement croissant de démarches dont l’aspect innovant ne tient pas, ou ne se réduit pas, à la technologie.
Ces innovations sont généralement systémiques et transverses. Comment accompagner de telles démarches ? Existerait-il des approches, qui permettraient de faciliter le développement de véritables innovations sociétales, comme avait pu l’être en son temps la sécurité sociale par exemple ?
Une R&D « sociale » ?
Les activités de recherche et développement (R&D) sont généralement mobilisées pour contribuer à l’émergence et la consolidation des innovations dites technologiques en s’appuyant sur les sciences « dures ». Pourtant, si l’on repart de la définition du Manuel de Frascati, un recueil méthodologique international pour les études statistiques des activités de R&D édité par l’OCDE, la R&D est bien plus large et recouvre :
« Les activités…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Jade Omer, Docteure en géographie de l’innovation, Université de Poitiers

