La question mérite d’être réexaminée alors que la propagande néolibérale affirme qu’il faut travailler plus longtemps pour les retraites, diminuer les dépenses publiques et les services publics, mais ne pas alourdir les impôts des riches. Et cela au motif que la valeur que pourrait produire le secteur privé est trop contrainte par les besoins collectifs.
Il existe un consensus pour reconnaître que les activités économiques sont réparties en deux grandes catégories. Les unes sont marchandes, produites essentiellement au sein des entreprises capitalistes ; les autres sont non marchandes, produites au sein des administrations publiques et des associations. Marchandes ou non, elles sont exprimées monétairement. La valeur ajoutée dans une économie pendant une année est donc la somme des valeurs ajoutées dans ces deux compartiments.
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Dans les deux cas, on soustrait de la valeur de toutes les productions les consommations intermédiaires, pour ne pas les compter plusieurs fois. On obtient la valeur ajoutée brute si on y conserve l’amortissement des équipements ; on obtient la valeur ajoutée nette si on enlève ce dernier. La somme des valeurs ajoutées brutes donne le produit intérieur brut, à la TVA près ; celle des valeurs ajoutées nettes donne le revenu net rassemblant tous les salaires, profits et transferts sociaux.
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Le produit marchand a un prix payé par les acheteurs qui est l’addition du coût de production et du profit. Le calcul du produit non marchand obéit au même principe, sauf que le profit est égal à zéro. Il n’y a là aucune aberration ni aucune dissimulation. Les salaires versés par les administrations publiques sont…
Auteur: Jean-Marie Harribey

