Nous publions une traduction instantanée d’un texte important d’Émilie Carrière. Si la qualité de la traduction est acceptable, nous attendons avec impatience sa version humaine stylisée. En attendant, la convergence de vues sur la pseudo-question « Woke » entre ce texte et certains de nos engagements théoriques et politiques nous enjoint à le publier sans attendre. Au quatrième trimestre 2021, l’idéologie antiwokiste est venue relayer, en France, la dénonciation extatique de l’islamogauchisme, lui même venu grand-remplacer les diatribes de boomers contre le « politiquement correct ». Un des gestes critiques les plus visqueux de ce camp-là aura été de se prendre pour des Lumières quand ils ne faisaient qu’exprimer leur obscurité.
Contre la critique chattemite et balsamique du pseudo-particularisme communautaire « woke », Émilie Carrière montre précisément que, sinon le « wokisme » mais la Wokeness, est le dépassement de l’encore trop particularisme des Lumières vers un surplus d’Universalité émancipé de la raison instrumentale moderne. Au moment où commence à se développer le courant des Lumières obscures et ouvertement néoréactionnaires, qui ne sont pas des contre-Lumières mais, justement, l’assomption de la part identitaire et réactionnaire des Lumières mêmes, le texte d’Émilie nous propose un traité philosophique permettant de relancer et de radicaliser la tendance universelle immanente au scandale « woke ». Au lieu de rejouer la sempiternelle critique du faux universalisme occidental, ce texte fait un pas en avant, et la dépasse.
ἐφ’ ἡμῖν τὸ ἀγαθοῖς εἶναι, καὶ το ἀδέσποτον τὴν ἀρετήν. Nous avons la liberté d’être bons, et la vertu est de ne pas avoir de maître. Plotin
Tous ceux qui ont écrit sur la wokeness, pour ou contre, n’ont jusqu’à présent rien dit. La droite s’oppose à la wokeness, la gauche s’oppose à la droite anti-éveillée : et ni…
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Auteur: dev

