L’ESSENTIEL
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Naomi Klein et Astra Taylor décrivent dans un nouveau livre un Fascisme de la fin des temps qui considère l’effondrement comme inévitable et mise sur la survie d’une élite.
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Dans The Nerd Reich, Gil Durán enquête sur les milliardaires de la Silicon Valley qui mettent leur fortune et les technologies au service de projets autoritaires.
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Les deux ouvrages interrogent ainsi le technofascisme : la manière dont l’IA, les algorithmes et les plateformes transforment et diffusent les idéologies fascistes.
« L’heure de vérité a sonné pour l’Occident », peut-on lire dans une récente annonce de recrutement de Palantir. Cette entreprise de la Silicon Valley fournit de plus en plus de services de « renseignement » fondés sur les données aux services de renseignement, à la police et aux armées, mais aussi à de grandes entreprises et à des organisations à but non lucratif. « Dans les usines, les blocs opératoires et sur les champs de bataille, proclame l’annonce, nous bâtissons pour dominer. »
Comment comprendre cette convergence entre technologies de pointe et violence assumée, entre une intelligence artificielle « rationnelle » et une vision primitive du monde qui semble renouer avec le langage du sang et du sol, des amis et des ennemis, du « nous » et du « eux » ? Dans les tribunes, les émissions-débats et les analyses politiques, un mot s’est imposé : fascisme.
En tant que terme, le « fascisme » est éminemment provocateur, mais semble appartenir à une autre époque. Il évoque les images saisissantes de foules de partisans en bottes martelant le sol, répétant les mêmes slogans et reproduisant les mêmes saluts, sous des bannières aux lettres noires et aux couleurs rouge sang. Pourtant, ces images sont généralement associées aux régimes politiques de l’Europe de l’entre-deux-guerres, il y a un siècle : vestiges poussiéreux d’une époque révolue où le « mal »…
Auteur: Luke Munn, Research Fellow, Digital Cultures & Societies, The University of Queensland
