Issu d’un arbre originaire d’Asie du Sud-Est, le kratom, réduit en poudre, est traditionnellement consommé pour ses effets stimulants, euphorisants et analgésiques. Cependant, l’utilisation de ce produit, interdit en France, n’est pas toujours sans risque.
David Bregger n’avait jamais entendu parler du kratom avant que son fils Daniel, 33 ans, décède à Denver, en 2021, après avoir consommé ce qu’il pensait être un inoffensif remède naturel contre l’anxiété. Selon M. Bregger, son fils ignorait que ce complément alimentaire d’origine végétale pouvait lui être fatal.
Et pour cause : l’étiquette ne comportait ni liste d’ingrédient ni indication posologique. En outre, les risques liés à une consommation en conjonction avec d’autres substances sédatives (telles que la diphénhydramine, un antihistaminique en vente libre) étaient passés sous silence.
Quatre ans après la mort de Daniel, le projet de loi 25-072 du Sénat du Colorado, connu sous le nom de Daniel Bregger Act, a été adopté. Le texte vise à épargner à d’autres familles le drame vécu par les Bregger, en limitant notamment l’accès au kratom pour les mineurs. Il s’attaque notamment aux pratiques commerciales qualifiées de « trompeuses » en lien avec la vente de produits à base de kratom.
M’intéressant aux sciences pharmaceutiques, je donne depuis plus de trente ans des cours sur les compléments alimentaires à base de plantes telles que le kratom. J’ai publié plusieurs travaux sur ses effets et les controverses qu’il suscite. Voici ce qu’il faut savoir de cette substance.
Derrière le mot « kratom », une multiplicité de produits
Le terme « kratom » recouvre une large gamme de produits issus des feuilles de l’arbre Mitragyna speciosa, originaire d’Asie du Sud-Est. Cette plante tire son appellation latine de la forme de ses feuilles, qui rappellent la mitre épiscopale, la coiffe portée par les évêques et…
Auteur: David Kroll, Professor of Natural Products Pharmacology & Toxicology, University of Colorado Anschutz Medical Campus
