À l’annonce de la dissolution par le président de la République le dimanche 9 juin, le RN a activé « un plan Matignon ». Concrètement, il s’agit d’une sélection de candidats pour les élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochains, avec CV et photos pour les tracts de campagne.
Cette opération – qui est d’abord une opération de communication – est manifestement planifiée depuis quelques mois au sein de l’état-major du parti d’extrême droite, en cas de dissolution, avec l’objectif d’accéder au poste de chef du gouvernement. Ce « plan Matignon » rappelle que le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen travaille, non sans peine, son implantation locale pour capitaliser sur ses succès électoraux.
Implantation locale
Lorsqu’elle arrive à la tête du FN en 2011, Marine Le Pen (ré)investit stratégiquement le thème de l’implantation locale comme un levier stratégique de son accession au pouvoir central. Elle devient sa priorité, comme elle l’exprime dans son discours de clôture de l’université d’été de son parti de septembre 2012 :
« Partout dans nos régions, dans nos villages, dans nos villes, le Front national est en train de se réorganiser, de s’implanter, de professionnaliser ses méthodes. Il devient chaque jour plus présent, plus réactif, en mesure d’utiliser les bonnes volontés qui se présentent à lui. […] Évidemment, l’implantation locale de notre famille à tous est une priorité que j’ai placée en tête de tout. Nous devons être à chaque coin de rue, à la sortie de toutes les usines, au contact de tous les Français qui comptent sur nous ».
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C’est un aspect que négligeait davantage Jean-Marie Le Pen. Dans un souci de se démarquer de son père, Marine Le Pen a fait des élections…
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Auteur: Guillaume Letourneur, Docteur en science politique, CNRS, membre du CESSP, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

