Comment en est-on arrivé là ? Dans cet article précis et rigoureusement documenté, Daria Saburova analyse la constellation de facteurs expliquant la situation ukrainienne actuelle et les rapports de force dans la guerre qu’y mène la Russie de Poutine. Elle revient longuement pour cela sur le conflit au Donbass, examine l’hypothèse interprétative selon laquelle il s’agissait alors d’une guerre civile, en réalité très largement appuyée par une propagande pro-russe faite de fausses rumeurs.
Tous les ingrédients sont donc examinés de près : les exigences antisociales du FMI en échange des prêts consentis, la complexité politique et sociale des pro et anti-Maïdan, les organisations politiques en présence, la place réelle de l’extrême droite en Ukraine… Et bien sûr ce que propose la gauche anticapitaliste ukrainienne.
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Croire que la révolution sociale soit concevable sans insurrections des petites nations dans les colonies et en Europe, sans explosions révolutionnaires d’une partie de la petite bourgeoisie avec tous ses préjugés, sans mouvement des masses prolétariennes et semi-prolétariennes politiquement inconscientes contre le joug seigneurial, clérical, monarchique, national, etc., c’est répudier la révolution sociale. C’est s’imaginer qu’une armée prendra position en un lieu donné et dira « Nous sommes pour le socialisme », et qu’une autre, en un autre lieu, dira « Nous sommes pour l’impérialisme », et que ce sera alors la révolution sociale ! […] Quiconque attend une révolution sociale « pure » ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution
Lénine, « Bilan d’une discussion sur le droit des nations à disposer d’elles-mêmes », 1916
Le 30 septembre, Poutine a entériné l’annexion par la Russie des régions de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijia, suite aux référendums fantoches organisés entre le 23 et le 27 septembre, répétant ainsi le scénario qui a déjà été testé en 2014 en Crimée et dans le Donbass. Ce coup de force intervient dans un contexte d’une contre-offensive majeure de l’armée ukrainienne dans les régions de Kharkiv et de Donetsk et vise à justifier la « mobilisation partielle » annoncée le 21 septembre. Si ce nouvel épisode de l’« auto-détermination populaire » devrait par lui-même permettre d’éclairer rétrospectivement ce qui s’est passé en 2014, certaines voix à gauche s’élèvent encore…
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Auteur: redaction

