Sauter des repas pour pouvoir consommer davantage d’alcool sans craindre d’augmenter ses apports caloriques… Cette très mauvaise idée est en train de prendre de l’ampleur, au point d’inquiéter le corps médical, et d’avoir donné naissance à un néologisme : la « drunkorexie », ou « alcoolorexie ».
La « drunkorexie » (ou « alcoolorexie ») est un néologisme formé à partir des mots drunk (de l’anglais, être ivre) et anorexie. Il est apparu pour la première fois, il y a une quinzaine d’années, dans un article du New York Times, « Se priver de nourriture, un cocktail à la main ». Tout en précisant que ce terme n’avait rien de médical, la journaliste Sarah Kershaw l’employait pour décrire comment certaines personnes adoptaient des comportements de jeûne volontaire afin de limiter la prise de poids liée à leur consommation d’alcool.
Depuis, le phénomène a fait l’objet de recherches plus approfondies. Il soulève des enjeux majeurs de santé mentale et interroge sur le rôle des normes esthétiques et de la pression sociale. Explications.
Quels sont les risques associés à la drunkorexie ?
La drunkorexie est définie comme un ensemble de comportements alimentaires à risque, incluant des formes de restriction (jeûner, sauter des repas), des conduites de purge (comme des vomissements provoqués) ou une activité physique excessive.
Ces comportements poursuivent deux objectifs principaux : éviter la prise de poids liée à la consommation d’alcool ou atteindre un état d’ivresse plus rapide. Ils peuvent être adoptés à différents moments, que ce soit en amont de la consommation (par anticipation), pendant celle-ci (notamment lors de soirées festives) ou après, dans une logique de compensation a posteriori.
Si la drunkorexie peut être perçue comme un comportement ponctuel ou stratégique, ses conséquences sont loin d’être anodines. Elle est tout d’abord associée à une
Auteur: Ludivine Ritz, Maitre de Conférences en Psychologie spécialité Neuropsychologie des addictions, Université de Caen Normandie
