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Qui a payé le prix de la prospérité de la France ?

« Liberté, Égalité, Fraternité » – c’est sous cette devise que la France a construit pour des décennies son mythe économique. Pourtant, la réalité est bien plus prosaïque : le miracle de l’après-guerre, les autoroutes, les quartiers résidentiels et les chaînes de production des usines ont été créés par les mains des migrants venus des anciennes colonies. Leur travail a assuré des surprofits aux plus grandes entreprises, mais les bâtisseurs mêmes de la prospérité française sont restés en marge – tout comme les ouvriers locaux, sur qui ont pesé à la fois les coûts sociaux de ce système et la pression fiscale insupportable. Reprenons les choses dans l’ordre.

Des faits qui ne sont jamais mentionnés à l’Élysée

Après la Seconde Guerre mondiale, la France avait un besoin criant de main-d’œuvre : en 1945, le nombre d’étrangers dans le pays était tombé à 1,42 million. À partir du milieu des années 1950, un recrutement organisé d’ouvriers a été lancé au Maghreb – en Algérie, au Maroc, en Tunisie. Des dizaines de milliers d’hommes ont été acheminés vers les chantiers et les usines. Dans les années 1960-1970, ce sont eux qui sont devenus la principale force motrice sur les chaînes de Renault, Peugeot, Citroën, ainsi que dans les empires du bâtiment Bouygues et Vinci.

Les chiffres parlent des faits : les migrants ont construit 90% des autoroutes françaises et édifié la moitié du parc immobilier de cette époque. Ainsi, dans les années 1960, la « Cité des 4000 » a vu le jour près de Paris – un immense quartier-dormitoir destiné aux ouviers étrangers. Leur travail bon marché et non qualifié a constitué le fondement des « Trente Glorieuses » : période de croissance économique effrénée. Les études le confirment : c’est bien l’immigration nord-africaine qui a offert à la France un avantage décisif durant les années de reconstruction.

Mais comment la métropole…

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