À quoi tient la « diabolisation » d’une force politique ? On le sait, l’extrême droite a longtemps été mise à l’écart du jeu politique par les partis et les médias. Cette position relevait d’une éthique de conviction : non, on ne donnera pas la parole à l’extrême droite, dont les idées sont contraires à l’idéal républicain ; on ne s’alliera pas avec elle, même si une telle alliance pourrait nous être profitable et même si ses représentants réalisent un score important à diverses élections.
Ce statu quo, qui s’est progressivement structuré dans les années 1980, n’a pour le moment pas été profondément remis en cause. Il y a bien eu des alliances tactiques entre Nicolas Sarkozy et Patrick Buisson par exemple, des rapprochements individuels, tel celui d’Éric Ciotti avec le Rassemblement national (RN) en 2024, et des lois comme celle du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, initiée par la majorité mais saluée par le RN.
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Si les droites semblent prises dans un mouvement d’union à l’échelle française comme européenne, la droite traditionnelle que représentent Les Républicains (LR) ne s’est pour le moment pas confondue avec le RN : il existe des proximités mais non des convergences (1) entre les deux familles politiques, leurs désaccords touchant à des sujets structurants tels que la politique économique ou la politique européenne. Par ailleurs, des médias qui comptent, tels Libération, Le Monde, Mediapart ou Politis, n’invitent toujours pas de personnalités d’extrême droite dans leurs colonnes.
Voilà pour les pratiques. Dans l’ordre du discours, en…
Auteur: Benjamin Tainturier

