Le 17 février, la revue La Terre publie sur son site un article relatant qu’une délégation d’agriculteurs du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) a été reçue deux jours plus tôt – le 15 février, donc – à l’Élysée pour un entretien avec Emmanuel Macron. Dans le cours de cet échange, rapporte La Terre, qui s’appuie sur un communiqué du Modef citant également ces propos, le chef de l’État français a fait à ses hôtes, lorsqu’ils ont évoqué les difficultés auxquelles se trouvent confrontés les agriculteurs bio, cette réponse dont le taux d’obscénité frôle d’assez près le maximum autorisé : « Les smicards préfèrent téléphones et abonnements VOD plutôt qu’une alimentation plus saine. »
Mais rien ne se passe : à l’exception de quelques internautes, personne ne relève le communiqué du syndicat agricole et l’article de La Terre – qui ne font l’objet d’aucun démenti. Tout change quelques jours plus tard, quand le quotidien La Marseillaise met à son tour à la une de son édition du week-end, le samedi 24 février, jour de l’inauguration du Salon de l’agriculture, la profération de Macron jugeant donc que « les smicards préfèrent des abonnements VOD à une alimentation plus saine », qui devient soudain très visible et qui déclenche évidemment un tollé.
Devrais-je plutôt accorder ma confiance au chef de l’État qui depuis sept ans nous ment ?
Aussitôt, l’Élysée, hurlant au « scandale », dément catégoriquement que Macron ait tenu les propos qui lui sont prêtés – mais dont le Modef et La Marseillaise maintiennent qu’il les a bel et bien tenus. Résultat : me voilà bien embêté. Car dans cette affaire, difficile dilemme : qui vais-je croire ? Vais-je me fier aux témoignages des membres du Modef qui ont participé à la rencontre élyséenne du 15 février, et qui sont unanimes à…
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Auteur: Sébastien Fontenelle

