Qui décide de l’appellation d’un pays, d’un lac ou d’une mer ? Nommer une entité géographique relève de l’histoire, de la langue locale, mais aussi et surtout de la politique.
L’ONU peut-elle définir des noms de lieux ?
Non. Les États sont souverains pour le faire sur leur territoire national.
Le rôle du Groupe d’experts des Nations Unies sur les noms géographiques (GENUNG) est de faciliter la normalisation des toponymes aux plans national et international. L’objectif : éviter les confusions, notamment pour la sécurité aérienne, maritime et l’aide humanitaire.
Sa règle est la cohabitation des noms. S’il y a un désaccord entre deux États sur les noms de sites transfrontaliers, les cartes internationales doivent faire figurer les deux appellations simultanément. C’est le cas d’un grand lac glaciaire andin, appelé Lac Buenos Aires en Argentine et Lac General Carrera au Chili, des usages nationaux acceptés.
La souveraineté des États prévaut. Beijing a ainsi remplacé Pékin en 1979 dans les documents de l’ONU, pour se conformer au système officiel chinois de transcription phonétique du mandarin dans l’alphabet romain.
De même, Bombay est devenue « Mumbai », sur décision du gouvernement indien en 1995 – premier changement d’une série. L’ONU a mis à jour ses bases de données et utilise depuis Mumbai dans toutes les langues, même en français – ce que la presse et les institutions en France ne font toujours pas systématiquement.
Que se passe-t-il quand un pays veut changer de nom ?
Les États qui veulent changer leur nom en font la demande à l’ONU, par courrier au Secrétaire général. La modification intervient dès réception de la lettre, et l’ONU met à jour sa base de données multilingue UNTERM, qui fait référence.
L’ONU n’a jamais refusé de changement, car en droit international, les États ont seuls autorité pour le faire.
Certains ont décidé d’harmoniser leur appellation. Par…
Auteur: benelux
