Qui d'elle, de lui ou du monde.

Il est entre quatre et cinq heures du matin. Le club a vomi ses danseurs, ça se dit au revoir sur le trottoir. Deux amis se prennent dans les bras. Lui, est grand, debout sur la chaussée. Elle, en équilibre sur la pointe des pieds, fait presque sa taille. Il la respire tout entière, la serre contre lui, malaxe la chair de son dos entre ses doigts. Peut-être quinze ans qu’ils se connaissent. Cinq, qu’elle est sortie de son champ de vision et de son regard qui déshabille les filles. Un jour vissés sur un banc, elle lui avait confié son désir pour une collègue de travail : « Elle porte souvent des shorts de sport. Quand elle marche devant moi, mon regard glisse le long de ses cuisses fines, puis se coince dans le creux. Celui à l’arrière des genoux. Je voudrais le sentir, le lécher, y vivre », lui avait-elle dit en riant avec sérieux.

À partir de là, ils leur arrivaient de regarder, assis côte à côte sur un banc, le corps des femmes qui marchaient dans la rue. Elle, jouissait de cette nouvelle complicité. Lui gardait ses doigts croisés sur ses genoux. Avait-il déjà eu une relation avec une fille sans séduction ? Connaissait-il le goût de la tendresse sans bandaison ? Il était en couple depuis une poignée d’années, mais la sexualité transpirait son être.

J’en ai rencontré une : Bonbon. Regarde-moi cette go, lui arrivait-il de dire en lui tendant son téléphone.

Babababa, répondait-elle, cachant dans sa voix la satisfaction d’être enfin sur un pied d’égalité.

Adolescente, elle avait quelques fois vérifié « sa beauté » dans son regard, comme on le ferait dans un miroir. Jeune adulte, elle s’assurait de son sex-appeal en prenant son avis : « me draguerais-tu si j’aimais encore les hommes ? » Pour ce service, elle prêtait une oreille attentive aux récits de ses conquêtes. Chaque histoire la ramenait des années en arrière lorsqu’elle sortait encore avec des gars. « C’est donc ça qu’ils pouvaient se dire de…

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Auteur: dev

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