Qui se souvient de Michel Vachey, poète mort en 1987 ? La publication d’une anthologie chez Flammarion permet de reconsidérer la portée de son travail, écrit et plastique, les deux n’étant pas franchement séparés.
Dans l’entretien qui suit, LL de Mars, qui l’a connu et lui consacre une bonne partie de son temps, revient entre autre sur la « subversion joyeuse » qui lui était propre et sur sa marginalité de moins en mois relative.
Pourrais-tu nous dire brièvement qui est Michel Vachey ? À quel moment l’as-tu rencontré ? Michel Vachey a produit une grande quantité d’œuvres – textuelles, plastiques, et dans une moindre mesure, sonores – entre 1965 et 1986. Je l’ai connu alors que j’étais lycéen, en 1984, à l’occasion de l’autopublication d’un recueil de nouvelles écrit avec Erstenes – recueil assez merdique, qu’il a acquis et lu. Il nous a contactés après ça. Il était documentaliste, avait dû trouver amusant, rassurant, je ne sais pas quoi exactement, que deux jeunes abrutis passent leur temps et leur énergie à ce type d’activités. C’était un homme aussi raffiné qu’extravagant, que notre propre loufoquerie a probablement séduit. Nous avons noué une amitié interrompue brutalement par sa mort, en 1987. Il avait été assez discret sur son propre travail pendant nos conversations au cours de ces années. Je suppose que la dissymétrie de cette relation le rendait assez méfiant devant les effets d’emprise possible, d’écrasement, de pygmalionisme. C’est après sa mort que j’ai saisi l’ampleur et la puissance de ce travail hors du commun. Je n’ai pas cessé depuis, dès que l’occasion se profilait, de montrer quelques travaux plastiques dans telle expo, de publier dans des revues tel ou tel texte, etc. C’est trop peu, c’est dérisoire, mais c’est subordonné à ma propre force de frappe, qui est quasi nulle. Depuis 2015, tu as publié une partie de son travail sur ton site ; pour quelle raison la publication d’une anthologie de ses « poèmes » chez un éditeur comme Flammarion te semblait-elle nécessaire ? La publication du travail de M. V., d’une façon générale, me semble indispensable depuis trente ans. Mais il semble bien que tout le monde s’en foute. Tu peux imaginer pourtant que j’ai tenté pas mal de trucs. C’est ainsi. Je ne trouve pas spécialement urgent de publier des « poèmes » – si ça peut vraiment dire quelque chose de cette œuvre comme de n’importe quelle…
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Auteur: lundimatin

