Paris, reportage
« Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! » À leur arrivée sur le parvis de l’Hôtel de Ville de la capitale, mardi 13 octobre, les lycéens et lycéennes sont accueillis par la mélodie d’un orchestre. Violons, trompettes, trombones… Des dizaines de musiciens, professionnels ou amateurs, ont répondu à l’appel lancé sur Instagram par l’association Orchestre du Nouveau monde pour jouer des musiques de Star Wars, Avengers, Pirates des Caraïbes ou encore « Emmenez-moi » de Charles Aznavour, devenu l’un des hymnes de la mobilisation.
« On vient faire la bande-originale de la révolte », plaisante Étienne Cognet, membre de l’orchestre et élu divers gauches à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). « 10 kg de partitions » ont été imprimés et distribués aux volontaires. De la musique « épique et joyeuse » fait danser les manifestants « pour donner de la force à ce mouvement ». « La revendication essentielle de la jeunesse est d’avoir un avenir, et nous avons choisi d’être solidaires pour qu’ils puissent espérer en avoir un », explique le joueur de tuba.
« Quel est notre avenir ? »
La solidarité, c’est ce qui donne du baume au cœur à Nour, 16 ans, élève de première au lycée Rosa-Parks de Saint-Denis. Venue avec plusieurs de ses camarades et professeurs, avec sa pancarte « fashion pas facho », elle se réjouit de voir « d’autres franges de la population » les rejoindre en manifestation. « Notre génération, on a l’impression d’être abandonnés, alors même si on est invisibles aux yeux du gouvernement, ça fait du bien de voir qu’on ne l’est pas aux yeux de profs, de parents et même de travailleurs qui nous rejoignent », sourit-elle.
« Quel est notre avenir ? interroge Nour. Pas de travail, des métiers remplacés par l’intelligence artificielle, la montée de l’extrême droite, une planète inhabitable et rejoindre l’armée. » La…
Auteur: Léa Guedj, NnoMan Cadoret
