C’était en 2017, l’année de l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Stéphane Travert, alors ministre de l’Agriculture, était en visite au salon Tech & Bio, le plus gros salon consacré à l’agriculture biologique de France, dans la Drôme. Un lieu et un moment qu’il avait trouvé opportun pour lâcher une petite bombe pour le secteur : l’État allait suspendre ses aides au maintien, une part des soutiens financiers versés aux fermes déjà engagées dans un parcours d’agriculture biologique, afin de consolider leur modèle économique dans le temps. « Nous allons, dès 2018, recentrer les budgets disponibles sur le financement des nouveaux contrats d’aide à la conversion », avait-il justifié.
Depuis Lorient, le 20 octobre, les associations Bioconsom’acteurs, Générations futures et une dizaine d’autres organisations ont lancé un « appel » aux pouvoirs publics afin qu’ils soutiennent massivement l’agriculture biologique. Car celle-ci est coincée dans une crise qui commence à s’éterniser. Alors que le secteur avait connu des taux de croissance à deux chiffres sur la plupart des indicateurs au cours des quinze dernières années, il s’enlise. L’année 2023 est venue confirmer la dégringolade.
« Nous avons perdu 54 000 hectares en un an, [la surface agricole en bio] est passée de 10,50 % à 10,36 % de la surface agricole totale », a déclaré en juin Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, la structure publique chargée de la promotion et de la structuration de l’agriculture biologique en France. Le nombre de nouveaux producteurs baisse chaque année depuis désormais trois ans. La consommation est en berne depuis…
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Auteur: Mathilde Doiezie

