Cette fois, c’est parti. Au mois d’août, Emmanuel a commencé à migrer sa boîte Gmail vers un autre service de messagerie. Cet ingénieur de 62 ans, domicilié en Gironde, l’envisageait depuis plusieurs années : « Les outils de Google sont géniaux, hyperperformants mais pas vraiment respectueux de la vie privée. » Le boom de l’intelligence artificielle générative l’a décidé à franchir le pas. « On connaît le mode de fonctionnement des entreprises capitalistes comme Google. Je ne veux pas qu’un jour son intelligence artificielle puisse venir chercher des informations dans mes messages. »
Divorcer de Google… La démarche suscite un intérêt croissant si l’on en croit la quarantaine de réponses reçues à l’appel à témoignages de Reporterre. Sur le web, un collectif d’hébergeurs alternatifs a même lancé la campagne d’information DéMAILnagement pour accompagner les candidats au départ.
Il est vrai que les arguments sont légion : l’exploitation des données des utilisateurs, revendues à des fins publicitaires ; l’analyse du contenu de vos messages pour affiner les services fournis ; le poids environnemental de l’entreprise engagée dans la course à l’intelligence artificielle ; et la soumission au droit étasunien qui place ses utilisateurs à la merci de décisions prises à Washington — a fortiori par le pouvoir trumpiste.
Des offres payantes ou à prix libre
Mais à qui confier sa messagerie ? Les autres géants du web (Microsoft, Apple) du même acabit que Google n’étant pas une option, c’est parmi les alternatives respectueuses des données personnelles et « made in Europe » qu’il faut faire son choix. Les plus utilisées sont Proton et Infomaniak, deux entreprises suisses proposant une offre assez complète. Les services du français Mailo et de l’allemand Tuta font aussi figure de challengers. Et c’est sans compter les petits acteurs indépendants, sous statut…
Auteur: Benjamin Douriez
