« Quoi qu’il arrive, le Hamas continuera d’exister »

La Croix : En 2009, vous avez été en contact avec le Hamas, qui gouvernait la bande de Gaza, dans le cadre d’une mission confidentielle à la suite de laquelle vous avez conseillé au gouvernement français de parler avec lui. Pourquoi ?

Yves Aubin de La Messuzière : Je suis allé deux fois à Gaza en 2009, alors que j’étais officiellement à la retraite. J’ai rencontré tous les leaders politiques, la société, les associations, mais pas la branche militaire du Hamas. Je me suis présenté aux dirigeants du Hamas, qui savaient que j’avais été directeur d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay, comme celui qui faisait passer des messages que le gouvernement français ne pouvait pas leur faire passer. Cette mission avait été approuvée par le ministre des affaires étrangères de l’époque, Bernard Kouchner.

À Gaza, Ismaïl Haniyeh, qui était alors premier ministre de Palestine – il est aujourd’hui le chef du bureau politique du Hamas –, m’avait organisé une rencontre avec tous les parlementaires du Hamas élus démocratiquement. Il y avait parmi eux des radicaux et d’autres qui étaient prêts à discuter. Des ouvertures étaient possibles. En revanche, je n’ai pas souhaité rencontrer l’aile militaire, car des négociations étaient en cours pour libérer le soldat Gilad Shalit(il sera finalement relâché en octobre 2011, NDLR). Je ne voulais pas brouiller les cartes. Quand ma mission en 2009 a été révélée dans la presse, seuls l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et l’entourage de Mahmoud Abbas ont protesté. À mon retour à Paris, j’ai fait savoir au gouvernement qu’il fallait parler au Hamas.

Qu’attendiez-vous du Hamas ?

Y. A.d.l.M. : Après cette première mission, j’ai continué pendant presque deux ans en dehors du Quai d’Orsay, cette fois avec des hommes de bonne volonté, un ancien diplomate britannique aux Nations unies, Jeremy Greenstock, et un…

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Auteur: Recueilli par Agnès Rotivel

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