Le déni du racisme et le soutien à la droite extrême ne protègent pas du racisme
On entend souvent, dans le débat politique, cette formule un peu vieillotte : «Dieu se rit des créatures qui déplorent des effets dont elles continuent de chérir les causes.» Elle s’applique dans le cas de ce drame en trois actes, avec Naïma Moutchou, députée du parti Horizon d’Édouard Philippe, membre de la coalition macroniste au pouvoir.
Acte 1
Le 18 janvier dernier, Naïma Moutchou donne une interview à l’hebdo de droite Le Point. Elle se vante : «Je suis l’ennemie numéro un de LFI». Alors que personne ne la connait. Elle poursuit : «Ils ne supportent pas que je dénonce leur instrumentalisation. Mélenchon joue sur le ressentiment d’une partie de la communauté musulmane. Il leur martèle toute la journée que la France est raciste, que l’État et ses institutions sont racistes, dans un système organisé contre eux. Il les enferme dans une posture victimaire et leur dit : ‘Surtout, restez à votre place, ne vous émancipez pas !’»
Dans l’exercice habituel d’inversion du réel, cette macroniste accuse celles et ceux qui dénoncent le racisme d’être les responsables du racisme. Et plus grave, elle opère un déni total du racisme alors que l’extrême droite n’a jamais été aussi forte, que les agressions racistes se multiplient et que le gouvernement qu’elle soutient applique des pans entiers du programme du RN.
Acte 2
Le 14 avril, Le Figaro révèle que la députée Naïma Moutchou est personnellement victime de racisme : elle a reçu, à l’Assemblée Nationale, un courrier écrit à la main sur un article qui lui était consacré, comportant un vomi de propos haineux. «Vous avez une gueule d’arabe – vous n’avez rien à faire dans ce pays qui ramasse tous les déchets du monde – vous prenez le pain des Français. Dégagez vite !» ou encore «Nous avons la nausée quand on voit votre gueule enfarinée. Vous…
Auteur: B

