Des parcelles de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes sont ciblées par l’État pour servir de «compensation écologique» pour construire le CRA
Greenwasher le racisme d’État : il fallait y penser. C’est l’idée de génie de la préfecture de Nantes, qui veut utiliser la nature préservée du bocage anti-aéroport dans le cadre d’un chantier de Centre de Rétention pour les étrangers. Une provocation qui permet de s’en prendre simultanément aux personnes sans-papiers et à un territoire emblématique des luttes écologistes.
Mais revenons aux origines du projet. Un Centre de Rétention Administrative en échange du déploiement de policiers en plus, c’était le deal passé entre la mairie PS de Nantes et Gérald Darmanin, quand il était ministre de l’Intérieur en octobre 2022. À l’époque, la métropole bretonne était la cible d’une campagne continue de l’extrême droite, en particulier sur Cnews, décrivant Nantes comme un coupe gorge. Des émissions entières consacrées à la cité des Ducs, parfois en direct, avec des titres racoleurs tels que «Nantes, peur sur la ville» ou «Nantes plus dangereuse que Bogota», rien que ça. On pourrait en rire, mais c’est le tissu de mensonges anxiogènes dans lequel l’État et la maire Johanna Rolland se sont vautrés, en annonçant une batterie de mesures sécuritaires et racistes. Plus d’effectifs de policiers nationaux, de nouvelles caméras de surveillance et donc un CRA.
Ce projet de prison pour étranger·es doit être érigé à côté du centre de détention de Carquefou, au nord de l’agglomération, sur une zone humide qui sera déboisée. Il y aura 140 places de détention, un stand de tir et un effectif de 120 policiers aux frontières…
Le Bois Dormant, où doit être construit le centre de rétention, était jusqu’à présent un petit îlot de fraîcheur, où les arbres jouaient le rôle de climatiseurs naturels pendant les canicules. Un des…
Auteur: B
