Le capitaine Paul Watson est-il un camarade ? Figure iconique de la lutte contre la chasse aux baleines, fondateur de Sea Shepherd et ancien compagnon de route de Greenpeace, Paul Watson est annoncé à la Fête de l’Humanité, qui se tient du 12 au 14 septembre. Sa venue a déclenché une vague d’indignation : plusieurs collectifs écologistes, dont Youth for Climate Paris, ont réclamé sa déprogrammation, dénonçant l’invitation d’un « écofasciste » — terme désignant les formes d’écologie d’extrême droite, où la protection de l’environnement sert de prétexte et de justification à des politiques racistes et autoritaires.
Depuis près d’un demi-siècle, le militant canadien incarne une écologie de confrontation, faite d’abordages spectaculaires et de sabordages de navires baleiniers. Arrêté en juillet 2024 au Groenland à la demande du Japon, soupçonné d’être coresponsable de dommages et blessures lors d’une campagne contre un baleinier nippon en 2010, il a passé cinq mois en détention avant que Copenhague ne rejette son extradition. L’épisode a cristallisé la violence croissante qui s’abat sur les militants écologistes et déclenché une forte mobilisation.
Mais derrière l’image héroïque de l’« écoguerrier », du « pirate des océans » ou du « berger des mers », c’est une autre facette du personnage, moins connue, qui suscite la défiance d’une partie du mouvement écologiste. Celle d’un homme aux déclarations malthusiennes, accusé de diatribes anti-immigration, de mépris des pratiques autochtones, de sexisme et de proximité avec des personnalités d’extrême droite. Après avoir exploré ses prises de position, Reporterre est allé à sa rencontre début septembre.
« Mes positions ont toujours été claires »
À peine notre proposition envoyée, jeudi 21 août à 14 h 40, qu’il s’emparait de son téléphone. Trois minutes plus tard, la réponse…
Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

