Radio France : Charles Sapin, le faux procès en « pluralisme »

La direction de Radio France a commis une erreur stratégique en décidant seule de l’arrivée de Charles Sapin sur France Inter, sans concertation avec les équipes. Une discussion préalable aurait peut-être permis de rappeler un élément essentiel : Sapin est aujourd’hui directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, journal plusieurs fois condamné par la justice, notamment pour injure publique à caractère raciste après la publication, en 2020, d’un contenu représentant la députée Danièle Obono en esclave. Alors, de quel « pluralisme » parle-t-on ?


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Le pluralisme ne consiste pas à considérer que toutes les paroles se valent. Le service public n’a pas vocation à banaliser des publications ayant donné lieu à des condamnations judiciaires au nom d’une conception mécanique du pluralisme. Il faut surtout saluer la mobilisation des syndicats, soutenus par de nombreux artistes et intellectuel·les. Face à cette contestation, la direction a finalement proposé de transformer l’édito en débat contradictoire.

Beaucoup l’estiment en miettes, mais le barrage républicain existe encore !

Une proposition qui ne répondait pas au fond du problème soulevé par les personnels : pourquoi donner une place régulière à l’antenne publique au directeur adjoint d’un journal condamné pour des faits à caractère raciste ? Charles Sapin a refusé cette alternative. Une décision, à n’en pas douter, qui témoigne d’un grand attachement au débat démocratique. Ce week-end, il a finalement annoncé son départ de France Inter. Morale de l’histoire, beaucoup l’estiment en miettes, mais le barrage…

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Auteur: Politis