Sidération ce dimanche 13 septembre 2026 en Turquie. Le président d’extrême droite Recep Tayyip Erdogan a ordonné l’arrestation de plusieurs dizaines de personnes LGBTQI+. Des raids policiers coordonnés ont visé des établissements, notamment des bars, mais aussi des militant·es de la communauté. Le bilan est lourd : 63 arrestations. Près d’une cinquantaine d’entre elles concernent des défenseur·ses des droits des personnes queers, dont 21 sont des activistes de l’association Kaos GL, une ONG turque luttant contre les discriminations.
La communication du ministère de la Justice sur ces événements fait froid dans le dos : «Dans le cadre des opérations ‘Ma famille est en sécurité’ […] des poursuites judiciaires ont été engagées contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises dans […] 15 provinces». Les descentes ont principalement eu lieu dans les grandes métropoles turques d’Istanbul, Ankara et Izmir. Il ne s’agit ni plus ni moins que de rafles organisées de manière massive et généralisée sur l’ensemble du territoire.
L’homosexualité n’est pas pénalement réprimée en Turquie, mais Erdogan est membre de cette internationale brune, violemment homophobe et transphobe. Lui et les dirigeants de son parti, l’AKP, n’hésitent pas à qualifier de «pervers», «d’obscènes», «déviants» les personnes LGBTQI+.
L’escalade répressive de ce dimanche s’inscrit dans l’agenda réactionnaire du chef d’État. Il avait ainsi proclamé «une décennie de la famille» afin «protéger nos enfants, l’institution familiale et l’ordre social». Pour Erdogan, qui règne d’une main de fer sur le pays depuis deux décennies, cette démonstration de force contre les minorités sexuelles permet aussi de consolider son pouvoir en pointant des boucs-émissaires, comme il l’a fait auparavant contre les Kurdes ou contre les mouvements de gauche, qui sont descendus massivement dans la…
Auteur: B
