Rami Abou Jamous, journaliste et correspondant de guerre à Gaza, cofondateur de Gaza Press, est de retour dans sa ville après deux ans d’exil. Dans un entretien, il raconte la réalité de l’après-guerre et constate l’indifférence du reste du monde face à l’horreur vécue par les Gazaouis.
Comment avez-vous vécu et perçu la violation du cessez-le-feu ?
Rami Abou Jamous : On a eu l’impression que la guerre avait repris. Ça a bombardé tout près de chez moi. On entendait des avions de chasse, de l’artillerie. Les frappes touchaient toute la bande de Gaza, du nord au sud.
Plusieurs personnes sont reparties, surtout celles et ceux qui vivent près de la « ligne jaune ». Quand elles ont vu que le cessez-le-feu avait été violé, elles sont parties, d’autant plus que le gouvernement avait communiqué sa volonté d’élargir la zone d’occupation. Ça a beaucoup effrayé les Gazaouis. Tout s’est passé pendant la nuit : ils ont fui en pleine nuit ou tôt le matin.
Comment percevez-vous la couverture médiatique de Gaza depuis le plan de Trump ?
Déjà pendant la guerre, pendant ce génocide, ce nettoyage ethnique, la couverture médiatique était très faible. Il y avait des tueries, des bombardements, des massacres chaque jour, et malgré cela, la couverture restait à peine suffisante.
Aujourd’hui, avec le cessez-le-feu, on ne parle presque plus de Gaza. On a l’impression qu’ils veulent clore le dossier. Et pour le clore complètement, il faut aussi achever l’aspect médiatique, comme si la guerre était vraiment terminée.
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Pourtant, partout ailleurs dans le monde, lorsqu’une guerre se termine, il y a toujours une couverture de « l’après-guerre »….
Auteur: Kamélia Ouaïssa

