L’exposition « Ramsès II et l’or des Pharaons » à La Villette braque à nouveau les projecteurs sur un souverain sans conteste parmi les plus célèbres de l’Antiquité… Ramsès lui-même ne sera toutefois pas présent, sa momie de plus de 3200 ans, après bien des péripéties, est désormais trop fragile.
Sa dépouille fut en effet voyageuse, voire audacieuse – prenant même l’avion en 1976. Son ultime trajet, après moult péripéties, restera sans doute cette improbable parade du 3 avril 2021 : Ramsès II, en compagnie d’autres momies tout aussi royales, dont celle d’Hatchepsout, quitta le vieux musée, place Tahrir, au Caire, pour aller prendre ses quartiers – définitifs ? – au nouveau Musée national de la civilisation égyptienne.
Ce qui n’empêche pas la royale momie d’être bavarde… Depuis 140 ans qu’elle est étudiée sous toutes les coutures de ses bandelettes, elle en a raconté beaucoup, tant sur elle-même que sur le vieux souverain. Qu’ont permis de découvrir les investigations et soins minutieux menés sur cet illustre patient ?
Les tribulations de la momie
Le règne de Ramsès II (1279 à 1213 av. J.-C.) est incroyablement long, même s’il ne surpasse pas celui de Louis XIV et de ses 71 ans de pouvoir, quelques siècles plus tard : on parle de 66 ans de faits guerriers et de conquêtes, de constructions « pharaoniques » et de géopolitique avisée, scandés par la bataille de Qadesh et la construction des temples d’Abou Simbel.
Le souverain meurt à plus de 80 ans et est inhumé dans la vallée des Rois, dans un tombeau long de quelque 168 m. Localisée en 1737 par le voyageur britannique Richard Pococke, elle est aujourd’hui la tombe « KV7 » (KV pour Kings’ Valley, le numéro renvoyant à l’ordre des découvertes des sépultures).
Mais eut égard aux merveilles d’Abou Simbel ou de la tombe de son épouse Néfertari, le monument peut s’avérer déceptif… Le tombeau est vide de longue date. Il est de plus fragilisé par les inondations, et ses fresques et bas-reliefs sont largement dégradés. Depuis 1993, des campagnes de fouilles et de consolidations diligentées par la Mission archéologique française de Thèbes-Ouest (MAFTO) luttent pour sa préservation.
Malgré bien des aléas géologico-historiques, la précieuse momie est préservée.
Par crainte de pillages précoces, elle avait été transférée dès l’Antiquité dans l’hypogée de son père,…
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Auteur: Valérie Delattre, Archéo-anthropologue, INRAP, Université de Bourgogne – UBFC

